Angela Mejias

"Minoritaires"

Mur à coté de la halle en face de la Pizzeria Pizza Gorri et sous l'abris bus

1er janvier 1994 dans l'état du Chiapas. EZLN , Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional = Armée zapatiste de libération nationale. Mexique
© Angela Mejias

Il est des endroits où l’on ne peut rester insensible à des communautés qui se sont ou ont été regroupées du simple fait qu’elles étaient “minoritaires”. Ma route les a croisées en Amérique du Sud. Pérou, Paraguay, Nicaragua, Mexique, Costa Rica.

 

Cette série regroupe des extraits de reportages réalisés, entre 1994 et 2015, au coeur de peuples autochtones, contraints de vivre dans des bidonvilles, déplacés ou cachés pour préserver leurs identités. J’ai rencontré et tissé des liens avec des êtres humains vivant dans la pauvreté la plus absolue à qui il ne reste que leur dignité.

 

Au travers de cette proposition je souhaite témoigner du partage que ces peuples m’ont offert : leurs regards remplis de vie et d’espoir. 

Angela Mejias est née en 1958 à Valdelacalzada dans la région d'Extremadura au sud-ouest de l’Espagne. Ses parents immigrent en France et elle grandit dans le Gers, puis au Pays Basque, à Hendaye, ville frontière qui est restée depuis son port d’attache.

Angela Mejias se passionne pour la photographie dès son plus jeune âge. C'est une photographe d’instinct. Une autodidacte un peu -osons le dire- « anarchiste ». Elle refuse l’ordre, les chemins tracés, les mots convenus et convenables. Elle n’a jamais été politiquement correcte et elle ne le sera jamais. Comme disent les Espagnols : « genio y figura hasta la sepultura ».

Angela Mejias a vécu des « étapes » différentes. Elle part pour l'Algérie en 1988 où elle travaille au Projet de recherche et de développement Iherrir -Tassili N’Ajjer- pour le compte de l’Unesco, puis sur la faune et la flore du Djurdjura pour l’Institut National de Recherche Forestière, ainsi que pour l’Unité de Recherches sur les Zones Arides.

Devenue correspondante pour l’Agence France Presse, elle collabore aux journaux El Wattan, l’Observateur, le Monde diplomatique, Libération. En 1990 et 1991, elle couvre notamment les événements politiques Algérois. Elle s'attache également à reporter la vie au quotidien des camps de réfugiés du Front Polisario, mouvement de libération du sud saharien.

Rentrée au Pays Basque, à Hendaye, elle collabore aux quotidiens locaux Sud-Ouest, Egunkaria, Gara, Le Journal, Berria... Parallèlement elle continue à parcourir le globe : Algérie, Maroc, Irlande, Mexique, Paraguay, Afghanistan, Pérou, Nicaragua, Costa-Rica, Canada, Etats-Unis...

Angela Mejias est une photographe qui travaille « sur le terrain » au sens littéral du mot en s'attachant à la réalité sociale d’un pays, à la vie communautaire des tribus autochtones, à l’existence misérable des enfants abandonnés par le sort.

On est loin du « bling-bling », les visages que son appareil photo nous transmet sont des visages qui exhibent, impudiquement, le passage du temps, les ravages de la maladie, les regards sans espoirs ou des yeux humbles qui ont accepté, parce qu’ainsi sont les choses, « l’art de la résignation ».

Angela Mejias expose régulièrement son travail en Europe, en Amérique latine, en Afrique du Nord, aux Etats- Unis. Ses photographies sont publiées dans de nombreux ouvrages à travers le monde.

En 2000, elle publie un ouvrage personnel « Regards d’enfants » préfacé par l’écrivain Eduardo Manet.

En 2004, elle fonde l’Association Begiradak -« Regards », en langue basque- regroupant une vingtaine de photographes, amateurs comme professionnels.

Par la suite, elle intègre Pompiers Solidaires, O.N.G. de solidarité internationale qui a pour but d’aider à réduire les inégalités. Elle s'investit plus particulièrement dans le domaine de l’éducation, de l'accès aux besoins primaires comme l'eau potable, l'alimentation, l'hygiène et la santé ainsi que dans la prévention des risques de tremblement de terre et de tsunami.

En 2013, elle crée le Hendaia Film Festival. Festival de courts-métrages dont le thème est consacré aux diversités sociales, culturelles et linguistiques.

Avec Angela Mejias, nous allons de surprise en surprise car sa curiosité est telle que rien ne l’arrête. Eduardo Manet dira d'elle : « Angela Mejias est une artiste de qualité pour qui la photo n’est pas un métier mais un mode de vie. » 

 

angela-mejias.com

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