Jacques Hamel

Península Ibérica Intemporelle, entre profane et sacré #opus2

© Jacques Hamel
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La Péninsule Ibérique est terre de fête, qu’elle soit religieuse ou païenne. Carnaval traditionnel, pèlerinages et célébrations se succèdent tout au long de l’année. Les images sont abondantes et fortes, mais le travail du photographe n’en est pas facilité pour autant. Malmené comme un fétu de paille dans ce flot de folie, il lui faut choisir et maintenir son cap. Jacques Hamel le sait, lui qui a œuvré durant dix ans sur le terrain et dans son laboratoire, conjuguant observation et technique, pour aboutir à cette sélection de photographies époustouflantes.   

 

Pendant la Semaine Sainte, les processions jettent dans les rues tous ceux qui peuvent marcher. L’étrangeté n’est pas absente de ces défilés où les pénitents cagoulés, les pieds dans des sandales de cuir, une lanterne à la main, suivent les cortèges des heures durant. Les images, dans leur pureté bicolore, laissent passer le malaise né de cet archaïsme résurgent, issu de plusieurs siècles d'évolution des traditions.

© Jacques Hamel
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Par-dessus les brasiers purificateurs, chevaux et cavaliers s’élèvent, suspendent leurs galops, leurs souffles, et le preneur d’images, paré comme un dieu de son œil extraordinaire, saisit le trinôme fumant, homme, bête et feu. L’éternité est désormais prisonnière. Le chasseur embaume ses trophées qui continueront de palpiter sur le papier brillant.

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Si, religieux ou non, les rites tentent d’élever l’ordinaire à un degré supérieur et proposent de dominer l’esprit via le corps, le travail du photographe, lui, est d’isoler et de porter bien plus haut encore un seul micro-instant et de le rendre à l’éternité. Car il est LE maître auquel se soumettent les éléments. Il donne la vie, dompte la lumière, les angles, le feu, le ciel, la terre et la mer.

 

Et, tandis que ces ferventes cérémonies, entretenues par des symboles depuis la nuit des temps, organisent le désir de purification, portique d’entrée du sacré, l’artiste capture, lui, entre les pompes et leurs excès, ce qu’il a su voir, cette part d’élégance et de finesse qui, évidemment, lui ressemble.

 

Martine LAFON-BAILLOU,

romancière

 

 

Lieu d'exposition : Hôtel de la Rhune, Place Pierre Loti, Ascain

 

 

www.jacqueshamel.com

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